Composition / Installation 

                   les recluses
                       Installation Performative 

 
Conception: 
Amandine Bajou, Géraldine Kosiak, Sebastian Rivas


Interprétation
Amandine Bajou et Caroline de Cornière

Durée
de 3 à 8 heures

Création, le 28 mai 2014 Teatro delle Esposizione #5
Accademia di Francia- Villa Medici. Roma


  • 2 structures bois en L 
  • 2 danseuses
  • Dispositif électroacoustique interactif (Max/MSP)
  • 8 micros piezzoélectriques
  • 8 Hauts parleurs

 

  Au Moyen-Âge, les recluses étaient des femmes qui, adoptant une forme extrême de pénitence, s’enfermaient parfois pour une vie entière dans un espace très restreint. Cet espace, le plus souvent situé en lisière de la ville ou accolé à une église, ne possédait qu’une petite ouverture pour faire passer la nourriture et ne laissait généralement pas la place de s’asseoir, les recluses ne pouvant donc s’y tenir que debout ou allongées.


Plongées dans le noir, deux structures très étroites, reclusoirs minimalistes pour deux danseuses, attendent le spectateur. Dans cette obscurité ambiante, la lumière et le mouvement des danseuses ne s’offrent à la vue qu’à travers une mince fente taillée dans chaque structure. 

 

Notes sur le son

Le son a été conçu dans une pensée conjointe entre perception de l’espace, perception de la texture et perception du mouvement. Les structures sont “sonorisées” grâce a des micros de contact qui captent les moindres frottements et effleurages du public en contact avec elles, et surtout des danseuses enfermées. Chaque structure possède 4 capteurs dont le signal est transformé en temps réel grâce a un programme informatique, et rediffusé sur 4 hauts parleurs fixés sur le haut de chaque volume. Les sonorités ont été travaillées selon des modèles physiques de cloches qui permettent de faire entendre d’une part, une sonorité métallique et continuelle à forte connotation spirituelle; d’autre part, un son réagissant à chaque contact avec le bois des structures, et, enfin, de démulitplier et d’accumuler dans l’espace et dans le temps des micro-particules sonores en rapport avec l’énergie corporelle déployée. Ainsi la dramaturgie sonore vise a amplifier et a donner à entendre le spectre dynamique chorégraphique - de l’immobilité au mouvement le plus ample et véloce- que l’oeil ne peux pas voir.


Pistes de développement

Lors de sa création, Les Recluses a été performé par deux danseuses dans deux structures. C’est la première forme qu’a pris cette installation performative.

Cependant, les différentes situations que cette première forme a permis de dégager nous ont convaincus de la nécessité d’amplifier cette performance dans le temps et dans l’espace.

Développement temporel:

Réactiver la performance dans un temps plus long, préférablement pendant toute une nuit ou une journée entière, voir plusieurs jours.

Développement spatial:

Démultiplier le nombre de binômes toujours sur le même schéma et dans des échelles différentes, comme autant de variations d’échelles que de diversité de gabarits corporels. Démultiplier les genres et les espèces (2 hommes, un homme-une femme, des animaux, humains-animaux). Démultiplier les qualités sonores et les qualités de mouvement, démultiplier les porosités des structures. Insérer cette urbanisation dans un très grand espace. Dans un lieu plus grand, la démultiplication du nombre de structures, de leurs variations de volume, de contenus et de qualités sonores, aura pour effet de mettre l’accent sur la déambulation du public dans l’espace dessiné par leur disposition. Cette dimension est essentielle car elle engage le spectateur de manière active, en écho au déplacement confiné des êtres vivants, comme dans un musée d’histoire naturelle.

C’est l’axe que nous souhaitons à présent développer.